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Depuis plusieurs millénaires,
rien ne s'efface à Naples, tout se
stratifie, comme il advient pour la mémoire affective de chaque
individu : les pierres, les hommes et les dieux.

Et il faudrait ici chanter les nourritures napolitaines. Car nulle
part ailleurs
peut- être, on ne trouvera une telle harmonie entre
la vie et ce qui nourrit la vie,
comme nulle part ailleurs on ne
verra une harmonie si grande entre les hommes et les mythes, entre la vie et la représentation collective de la vie.
Naples est pauvre, et de sa pauvreté fait opulence. Une imagination folle et
de tout instant supplée au dénuement historique.
"Naples" de Jean-Noël SCHIFANO
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